Ostinato est un générateur de trafic réseau qui fabrique des paquets sur mesure et les envoie à la cadence voulue depuis un ordinateur ordinaire, sans carte spécialisée. Son auteur, Srivats P, l’a d’abord écrit pour ses propres besoins d’ingénieur réseau avant de le publier en logiciel libre en 2010. Après quatorze années sous licence GPL, le projet a changé de modèle en avril 2024 : les nouvelles versions sont désormais à code fermé et vendues par abonnement sur ostinato.org, la version 1.3.0 restant la dernière dont le code source est disponible sur GitHub.
À quoi sert Ostinato
Tester un réseau suppose de lui envoyer du trafic que l’on contrôle. Ostinato sert précisément à cela : on définit des flux, c’est-à-dire des séquences de paquets dont on choisit chaque couche, de l’en-tête Ethernet jusqu’à la charge utile, en passant par les VLAN, IPv4 ou IPv6, TCP, UDP et bien d’autres protocoles. Pour chaque flux, on règle le nombre de paquets, le débit, la taille des trames et la façon dont certains champs varient d’un paquet au suivant. Le logiciel transmet ensuite le tout sur l’interface choisie et compte ce qui part et ce qui revient.
Son architecture sépare l’interface graphique, appelée contrôleur, du programme qui émet réellement les paquets, appelé Drone. Les deux peuvent tourner sur des machines différentes, ce qui permet de piloter depuis un poste de travail plusieurs agents répartis dans un laboratoire. D’après le site officiel, la version 2 ajoute l’émulation de protocoles comme DHCP, OSPFv2, BGP et IGMP, des statistiques par flux avec mesure de perte, de latence et de gigue, le rejeu de captures PCAP et un banc de test RFC 2544. Une API Python, réservée au palier Business, automatise tout ce que l’on fait à la souris.
La comparaison avec Scapy, présent dans la même catégorie, aide à situer l’outil. Scapy est une bibliothèque Python libre qui permet de forger n’importe quel paquet à la ligne de commande : elle est imbattable pour une expérience ponctuelle ou pour écrire un script, mais elle n’a ni interface graphique ni moteur pensé pour tenir un débit soutenu. Ostinato vise l’inverse : un outil clé en main, avec des compteurs lisibles, capable de saturer un lien à plusieurs gigabits et, avec l’extension payante Turbo, d’atteindre selon l’éditeur des débits de 10 à 400 Gbit/s.
La documentation officielle propose aussi des pages d’installation dédiées à GNS3, EVE-NG, Cisco CML et Containerlab, ainsi qu’une image de machine virtuelle et un conteneur Docker pour les abonnés au palier Business.
Pour qui ?
Ostinato s’adresse aux ingénieurs qui valident un commutateur, un pare-feu ou une liaison, aux équipes d’assurance qualité qui ont besoin de scénarios de charge reproductibles et aux formateurs qui veulent montrer concrètement ce qu’est une trame ou un flux. Le palier Solo, réservé à un usage personnel, convient à l’apprenant qui s’exerce chez lui, tandis que les paliers Pro et Business couvrent l’usage commercial.
Il faut en revanche accepter le modèle économique. Depuis 2024, aucune version gratuite n’est proposée, et l’abonnement doit rester actif pour utiliser le logiciel, comme l’indique la page de tarifs. Les débits les plus élevés nécessitent l’extension Turbo, vendue à part. Celui qui veut un outil libre et gratuit pour fabriquer quelques paquets se tournera vers Scapy, et celui qui veut compiler lui-même l’ancienne version libre peut encore le faire à partir des archives de la version 1.3.0, en sachant qu’elle n’évolue plus.
Télécharger Ostinato sans risque
La distribution officielle passe uniquement par ostinato.org, où la rubrique Get Ostinato renvoie vers la page de tarifs. Au moment de la rédaction, cette page affichait trois paliers facturés à l’année : Solo à 19 $ par mois pour Windows et macOS en usage personnel, Pro à 79 $ par mois qui ajoute Linux et l’usage commercial, et Business à 249 $ par mois avec l’API d’automatisation, l’émulation de protocoles, l’appliance virtuelle et le conteneur Docker. Un palier Entreprise se négocie sur devis et un essai peut être demandé par formulaire. D’après le guide utilisateur, Windows reçoit un installateur exécutable qui exige la bibliothèque Npcap, macOS une image DMG, et Linux une archive contenant des paquets deb et rpm pour RHEL 9 et 10 et Ubuntu 22.04, 24.04 et 26.04.
Comme le logiciel est payant, il attire les copies piratées et les faux installateurs. Un site qui propose un Ostinato 2.x gratuit à télécharger ne distribue pas la version de l’éditeur. Les seuls fichiers légitimes hors du site officiel sont les archives de code source des versions 1.3.0 et antérieures sur le dépôt GitHub pstavirs/ostinato, publiées sous GPL v3.
Questions fréquentes
Ostinato est-il encore open source ?
Non. L’auteur a annoncé en avril 2024 que les nouvelles versions passaient en code fermé, après quatorze ans de développement libre. La version 1.3.0, sortie en octobre 2023, est la dernière dont le code est publié sous GPL v3 sur GitHub. Les versions 2.0 et 2.1 sont commerciales.
Combien coûte Ostinato ?
La page de tarifs affichait, au moment de la rédaction, des abonnements annuels de 19 $ par mois pour le palier Solo, 79 $ pour Pro et 249 $ pour Business. L’extension Turbo pour les très hauts débits est vendue séparément. Il n’existe plus d’achat unique ni de version gratuite.
Quelle différence avec Scapy ?
Scapy est une bibliothèque Python libre pour forger et décoder des paquets dans un script ou un interpréteur, sans interface graphique. Ostinato est une application complète avec des flux configurés à la souris, des compteurs par flux et un moteur conçu pour émettre à haut débit, mais elle est payante.