Catchpoint est un service de supervision de la performance d’Internet, ce que l’éditeur appelle Internet Performance Monitoring. Il mesure en continu la disponibilité et la rapidité des services en ligne depuis des milliers de points répartis dans le monde. L’entreprise a été créée par des spécialistes de la supervision passés par DoubleClick, la régie publicitaire en ligne plus tard rachetée par Google, parmi lesquels son dirigeant Mehdi Daoudi et Dritan Suljoti.
Un changement important est intervenu fin 2025 : l’éditeur de supervision LogicMonitor a annoncé le 2 décembre avoir finalisé l’acquisition de Catchpoint. Le site catchpoint.com reste en ligne et affiche désormais la mention « Catchpoint Is Now Part of LogicMonitor ». Le service est propriétaire et vendu sur abonnement.
À quoi sert Catchpoint
Le principe est celui de la supervision synthétique. Plutôt que d’attendre qu’un client se plaigne, des robots répètent sans cesse les gestes d’un internaute, charger une page, se connecter à un compte, appeler une API ou résoudre un nom de domaine, et chronomètrent chaque étape. Catchpoint revendique plus de cinquante types de tests, du simple ping au parcours complet dans un vrai navigateur. Ces mesures sont complétées par le suivi des utilisateurs réels, par la surveillance des annonces BGP et par le traçage des requêtes dans les applications.
Sa particularité tient au réseau de mesure. D’après la page consacrée à son Global Observability Network, Catchpoint exploite 3 083 agents dans 350 villes de 108 pays : 980 sur les dorsales des grands opérateurs, 263 dans les clouds publics, 126 sur des accès grand public et 45 sur des réseaux mobiles, auxquels s’ajoutent 1 669 pairs BGP. Cette diversité aide à distinguer la panne d’un hébergeur du ralentissement d’un fournisseur d’accès. Internet Sonar, qui signale les pannes des grands services, et Internet Stack Map, qui cartographie les dépendances d’une application, exploitent ces données.
L’éditeur possède aussi WebPageTest, l’outil d’analyse de la performance web créé par Patrick Meenan, dont le rachat a été annoncé en septembre 2020. Face à ThousandEyes, son concurrent direct, la différence tient surtout à l’angle choisi : ThousandEyes, très lié à l’écosystème Cisco, met en avant les chemins réseau, quand Catchpoint insiste sur l’expérience numérique de la dorsale jusqu’au navigateur. Rien de commun, en revanche, avec LibreNMS ou ntopng, qui surveillent l’intérieur de votre propre réseau.
Pour qui ?
Catchpoint vise les sites marchands, les médias, les banques, les éditeurs de logiciels en ligne et toutes les organisations pour lesquelles une minute d’indisponibilité se chiffre en pertes. Les équipes chargées de la fiabilité, les responsables de la performance web et les équipes réseau qui jonglent avec plusieurs CDN ou fournisseurs DNS en sont les premiers utilisateurs. Un module de supervision des postes sert aussi les services informatiques qui veulent comprendre l’expérience de leurs salariés.
Il faut toutefois tenir compte de la transition en cours. LogicMonitor assure que Catchpoint continue de fonctionner et d’être pris en charge comme avant, avec les mêmes contrats et les mêmes interlocuteurs, mais que ses fonctions rejoindront progressivement sa plateforme LM Envision et son assistant Edwin AI. Sur la grille de LogicMonitor, elles apparaissent déjà sous les noms LM Synthetics and Internet Performance, LM Real User Monitoring et LM Endpoint Monitoring, vendus en options sur devis. Pour vérifier qu’un petit site répond, ce service est largement surdimensionné.
Télécharger Catchpoint sans risque
Le service s’utilise depuis le portail web de l’éditeur, et aucun tarif public n’est affiché. Les anciennes pages de tarifs et d’essai de catchpoint.com renvoient aujourd’hui vers celles de LogicMonitor, qui propose un essai de sa propre plateforme sans dire s’il couvre les modules issus de Catchpoint. La voie officielle reste la demande de démonstration sur catchpoint.com.
Deux types d’agents peuvent être installés. Les Enterprise Nodes, qui exécutent les tests depuis vos propres sites, s’installent depuis les dépôts de paquets de Catchpoint sur Red Hat 8 et 9 et leurs dérivés, Amazon Linux 2023 ou Ubuntu 22 et 24, ou sous forme de conteneur Docker. Une édition allégée, limitée aux tests réseau, fonctionne aussi sur processeur ARM. L’agent Endpoint s’installe sur Windows 10 et plus ou macOS 10.15 et plus, avec une extension pour Chrome, et son installeur ne se télécharge que depuis le portail, accompagné d’une clé de licence. La documentation se trouve sur docs.catchpoint.com. Un agent proposé en dehors de ce portail ou de ces dépôts ne pourrait être rattaché à aucun compte.
Questions fréquentes
Catchpoint existe-t-il encore ?
Oui. LogicMonitor a finalisé son acquisition en décembre 2025 et indique que le service continue de fonctionner et d’être pris en charge. Ses fonctions doivent être intégrées peu à peu à la plateforme de LogicMonitor.
Peut-on essayer Catchpoint gratuitement ?
Aucune page officielle ne décrit aujourd’hui d’essai propre à Catchpoint. LogicMonitor propose un essai de sa plateforme, et WebPageTest conserve une formule Starter gratuite, limitée à 150 exécutions de tests par mois selon sa grille tarifaire.
Catchpoint ou ThousandEyes ?
Les deux couvrent les mêmes besoins avec des agents publics, des agents d’entreprise et des agents sur poste. Le choix se fait souvent sur l’écosystème : ThousandEyes s’intègre au matériel Cisco, Catchpoint rejoint désormais la plateforme de LogicMonitor et apporte WebPageTest.