Inspectrum est un outil libre consacré à l’analyse de signaux déjà enregistrés, en priorité des captures réalisées avec une radio logicielle. Mike Walters, connu sur GitHub sous le pseudonyme miek, en a publié la première version en octobre 2015, et le code est distribué sous licence GPL v3. Dix ans plus tard, le projet bouge encore : la version 0.4.0, sortie en décembre 2025, a ajouté la prise en charge de Qt 6, la version actuelle de la bibliothèque graphique sur laquelle repose son interface.
À quoi sert Inspectrum
Tout part d’un fichier. On enregistre d’abord une émission avec un récepteur ou un utilitaire de capture, puis on l’ouvre dans Inspectrum pour l’étudier à tête reposée. Le logiciel affiche un spectrogramme, c’est-à-dire la répartition des fréquences au fil du temps, dans lequel on se déplace et on zoome librement. D’après le dépôt du projet, il accepte des fichiers de plus de 100 Go, ce qui permet d’examiner de très longues captures sans avoir à les découper au préalable.
Une fois le signal repéré, on le sélectionne pour en tirer des courbes d’amplitude, de fréquence ou de phase, ou la représentation brute des échantillons I/Q. Des curseurs se posent sur ces courbes pour mesurer une période ou une vitesse de symboles, puis pour extraire la suite des symboles transmis. Le résultat s’exporte sous plusieurs formes : la portion de temps choisie, les échantillons filtrés ou les données démodulées. C’est la démarche type de la rétro-ingénierie radio, celle qui permet de comprendre comment communique une télécommande, une station météo domestique ou un capteur sans fil.
Inspectrum lit les enregistrements au format SigMF ainsi qu’une longue liste de formats bruts, reconnus à leur extension : nombres complexes en virgule flottante produits par GNU Radio, entiers 16 bits des bladeRF, entiers 8 bits signés des HackRF ou non signés des clés RTL-SDR. Il ne pilote en revanche aucune radio. C’est toute la différence avec SigDigger, qui analyse aussi le signal en direct et démodule en temps réel. Les deux se complètent souvent : on repère une émission avec le second, on l’enregistre, puis on la dissèque avec le premier.
Pour qui ?
L’outil sert aux radioamateurs curieux, aux chercheurs en sécurité qui étudient des protocoles sans fil, aux étudiants en télécommunications et à tous ceux qui veulent comprendre un signal numérique inconnu à partir d’une capture. Son interface tient en une fenêtre et va droit à l’essentiel, ce qui le rend abordable pour qui maîtrise déjà les bases de la modulation.
Son périmètre reste étroit. Inspectrum n’enregistre rien, ne restitue pas le son et ne décode aucun protocole de bout en bout : il aide à mesurer et à extraire des bits, l’interprétation reste à la charge de l’utilisateur. Il travaille en interne sur des valeurs 32 bits et tronque les échantillons 64 bits à l’ouverture. Le projet n’a ni site web, ni manuel détaillé, ni installateur officiel pour Windows. Pour démoduler en temps réel ou explorer le spectre en direct, SigDigger ou Gqrx conviennent mieux, et pour piloter une radio depuis un programme, il faut passer par son pilote, comme UHD pour les USRP.
Télécharger Inspectrum sans risque
La seule référence est le dépôt GitHub miek/inspectrum. Il ne publie pas d’exécutable, uniquement les archives du code source de chaque version, et renvoie vers les canaux de distribution habituels. Sous Linux, Inspectrum figure dans les dépôts de la plupart des distributions. Sous macOS, le dépôt cite Homebrew et MacPorts. Sous Windows, il recommande conda-forge ou radioconda, une distribution qui regroupe de nombreux logiciels de radio logicielle. Pour compiler soi-même, il faut CMake, FFTW 3, la bibliothèque liquid-dsp en version 1.3.0 au moins et Qt 5 ou Qt 6.
Le programme est gratuit et ne comporte aucune option payante. Comme l’auteur ne distribue lui-même aucun binaire, un fichier présenté comme « l’installateur officiel d’Inspectrum » sur un site tiers est forcément l’œuvre de quelqu’un d’autre. Le gestionnaire de paquets de votre système, ou conda-forge sous Windows, reste la voie la plus sûre.
Questions fréquentes
Inspectrum peut-il capter un signal ?
Non. Il n’analyse que des fichiers déjà enregistrés. La capture se fait avec un autre logiciel, par exemple GNU Radio ou l’utilitaire fourni avec la radio, comme bladeRF-cli, puis le fichier est ouvert dans Inspectrum.
Inspectrum fonctionne-t-il sous Windows ?
Oui, mais sans installateur officiel. Le dépôt conseille de passer par conda-forge ou par radioconda, qui fournissent une version prête à l’emploi. La compilation manuelle reste possible.
Quels fichiers Inspectrum accepte-t-il ?
Les enregistrements SigMF et de nombreux formats bruts, en nombres complexes ou réels, sur 8, 16, 32 ou 64 bits. Une extension inconnue est lue par défaut comme des complexes en virgule flottante sur 32 bits.