System Informer est un outil libre qui montre en détail ce que fait un ordinateur sous Windows : les programmes en cours, leur consommation de ressources, leurs connexions réseau et les fichiers qu’ils tiennent ouverts. Il est édité par la société américaine Winsider Seminars & Solutions et publié sous licence MIT. Le projet a longtemps porté le nom de Process Hacker, créé par le développeur wj32 et déposé sur SourceForge en 2008, avant d’être rebaptisé System Informer.
Le développement est actif. La dernière version stable publiée sur GitHub est la 4.0, parue le 29 août 2026 d’après le dépôt, et des versions intermédiaires dites canary sont proposées en parallèle pour ceux qui veulent suivre le code au plus près.
À quoi sert System Informer
System Informer appartient à la famille des gestionnaires de tâches avancés. Là où l’outil intégré à Windows se contente d’une liste de processus et de quelques courbes, System Informer affiche un arbre complet des programmes, colorie chaque ligne selon sa nature et donne accès à une quantité de détails que le système cache d’ordinaire. On y voit la mémoire occupée, les fils d’exécution, les bibliothèques chargées, les clés de base de registre utilisées et les descripteurs de fichiers détenus par chaque programme.
Plusieurs fonctions visent directement l’analyse. L’outil retrouve quel processus garde ouvert un fichier qu’on ne parvient pas à supprimer, liste les connexions réseau actives et permet de les fermer, affiche l’accès disque en temps réel et reconstitue des piles d’appels avec le support du noyau. Il sait aussi créer, modifier et contrôler les services Windows, y compris les services de pilote. Cette capacité à descendre jusqu’au cœur du système repose sur un composant qui fonctionne en mode noyau, ce qui distingue nettement System Informer d’un simple afficheur de processus.
La version 4.0 a élargi ce champ avec un journal d’événements appelé Process Monitor, qui enregistre en continu les actions des programmes sur les processus, le registre, les fichiers et les descripteurs, et avec une intégration facultative au service Hybrid Analysis pour vérifier la réputation d’un exécutable. Dans notre logithèque, System Informer se range parmi les outils de criminalistique et d’analyse, non loin de Volatility, qui travaille sur une image mémoire figée là où System Informer observe le système en direct.
L’outil est entièrement portable. Il peut s’exécuter sans installation, depuis une clé USB par exemple, en conservant ses réglages dans un fichier placé à côté de l’exécutable. Cette souplesse en fait un compagnon courant des analystes qui interviennent sur une machine suspecte sans vouloir y laisser de trace durable.
Pour qui ?
System Informer s’adresse aux administrateurs système, aux développeurs qui déboguent un programme, aux analystes en sécurité qui examinent le comportement d’un logiciel inconnu et aux utilisateurs avertis qui veulent comprendre ce qui ralentit leur machine. Sa lecture détaillée du système en fait aussi un support d’apprentissage apprécié pour qui étudie le fonctionnement interne de Windows.
Ses limites tiennent d’abord à sa richesse. La quantité d’informations affichées peut dérouter un débutant, et plusieurs fonctions supposent de comprendre la mécanique interne du système pour être utilisées sans risque. Le composant en mode noyau et la capacité à agir sur n’importe quel processus conduisent par ailleurs certains antivirus à signaler l’outil, un faux positif connu lié à sa puissance. Enfin, System Informer ne fonctionne que sous Windows, à partir de la version 10 : sous Linux ou macOS, il faut se tourner vers d’autres instruments.
Télécharger System Informer sans risque
La page de téléchargement de systeminformer.com propose deux formes de la version stable : un installateur classique et une archive portable à décompresser, toutes deux hébergées sur SourceForge, avec leurs empreintes SHA-256 reliées à une analyse publique sur VirusTotal. L’outil est aussi distribué sur le Microsoft Store et via le gestionnaire winget sous l’identifiant WinsiderSS.SystemInformer. Le code source se trouve sur le dépôt GitHub winsiderss/systeminformer. Le logiciel est gratuit et ne comporte aucune édition payante, son développement étant soutenu par l’éditeur de logiciels JetBrains.
Parce que System Informer installe un pilote et agit au cœur du système, un exécutable récupéré sur un site de téléchargement douteux représente un danger réel : un pilote malveillant obtiendrait exactement les mêmes droits que l’outil légitime. Les adresses de Winsider, le Microsoft Store et le dépôt GitHub officiel sont les seules sources à retenir, et la comparaison des empreintes publiées permet de vérifier l’intégrité du fichier.
Questions fréquentes
System Informer est-il gratuit ?
Oui. System Informer est un logiciel libre publié sous licence MIT, sans version payante. Il se télécharge sur systeminformer.com, sur le Microsoft Store et sur GitHub, et son développement est soutenu par JetBrains.
Quelle est la différence entre System Informer et Process Hacker ?
C’est le même projet. Process Hacker, créé en 2008, a été renommé System Informer et poursuit son développement sous ce nom chez Winsider Seminars & Solutions. Les anciennes versions Process Hacker ne sont plus mises à jour.
Pourquoi mon antivirus signale-t-il System Informer ?
L’outil installe un pilote en mode noyau et peut agir sur tous les processus, un niveau d’accès que certains antivirus jugent suspect par prudence. Il s’agit d’un faux positif connu lorsque le fichier provient d’une source officielle.