ChirpStack est un serveur réseau LoRaWAN libre, c’est-à-dire le logiciel central qui reçoit les messages radio captés par des passerelles et les transforme en données exploitables pour des applications. Son auteur, le développeur Orne Brocaar, le publie sous licence MIT, l’une des plus permissives qui soient. Le projet est longtemps resté connu sous le nom de LoRa Server, avant d’adopter son nom actuel en novembre 2019 parce que le terme LoRa est une marque déposée de Semtech, comme l’explique l’annonce publiée sur le forum officiel.
La quatrième génération, en cours aujourd’hui, réunit dans un seul programme ce qui était auparavant réparti entre un serveur réseau et un serveur d’applications distincts.
À quoi sert ChirpStack
Un réseau LoRaWAN se compose de capteurs à très faible consommation, de passerelles radio qui écoutent leurs émissions sur plusieurs kilomètres, et d’un serveur réseau qui fait le tri. ChirpStack tient ce dernier rôle. Il supprime les doublons quand plusieurs passerelles reçoivent le même message, vérifie l’authenticité des trames, gère les clés de session, choisit la meilleure passerelle pour répondre et ajuste la vitesse de chaque capteur grâce au débit adaptatif, que l’on peut personnaliser par des greffons en JavaScript. Les données décodées partent ensuite vers les applications par l’intermédiaire de ses intégrations ou de ses API gRPC et REST, sur lesquelles repose d’ailleurs l’interface web.
Côté passerelles, le projet fournit plusieurs briques. Concentratord pilote les puces radio Semtech et expose une interface ZeroMQ, le MQTT Forwarder installé sur la passerelle transmet les trames au format Protobuf ou JSON, et le Gateway Bridge convertit vers MQTT les protocoles Semtech UDP Packet Forwarder et Basics Station quand on ne peut rien installer sur l’équipement. ChirpStack Gateway OS propose même un système complet pour passerelles construites autour d’un Raspberry Pi, et Gateway Mesh étend la couverture par des relais solaires.
Le serveur prend en charge les classes A, B et C des objets, le multicast, les mises à jour de micrologiciel à distance selon les spécifications FUOTA, et plusieurs plans de fréquences simultanés comme EU868, US915, AU915 ou AS923. Chaque locataire dispose de ses propres passerelles et capteurs, avec des droits par utilisateur, ce qui permet à un intégrateur de servir plusieurs clients depuis une seule installation. Un visualiseur affiche en temps réel les trames et les événements, très utile pour comprendre pourquoi un capteur ne remonte plus.
ChirpStack se distingue ainsi des outils de cette catégorie Télécom tournés vers la voix sur IP, comme HOMER ou RTPEngine : il ne traite ni appels ni flux audio, mais des messages de quelques octets venus de compteurs, de sondes ou de traceurs.
Pour qui ?
Il intéresse les collectivités qui équipent leurs bâtiments ou leurs réseaux d’eau, les exploitations agricoles, les industriels qui suivent des machines et les intégrateurs qui veulent opérer leur propre réseau LoRaWAN sans dépendre d’un opérateur. Les laboratoires et les écoles l’apprécient aussi pour monter un réseau d’expérimentation avec une simple passerelle à base de Raspberry Pi.
Il faut cependant maîtriser plusieurs composants : une base PostgreSQL en version 13 au minimum, ou la variante SQLite, un serveur Redis 6.2 ou Valkey et un courtier MQTT compatible avec la version 5 du protocole, Mosquitto étant le choix le plus courant. Les notions propres à LoRaWAN, comme les profils d’appareils, les clés ou les plans de fréquences, demandent un temps d’apprentissage réel. ChirpStack ne vend pas de capteurs et n’offre pas de tableaux de bord métier : la visualisation des mesures passe par une autre application. Une structure qui ne veut rien héberger se tournera plutôt vers un réseau LoRaWAN opéré par un tiers.
Télécharger ChirpStack sans risque
La page de téléchargement de chirpstack.io propose un dépôt APT pour Debian et Ubuntu, des paquets .deb et .rpm ainsi que des archives .tar.gz pour processeurs amd64, armv7 et arm64, chacun en variante PostgreSQL ou SQLite. Deux images Docker officielles sont publiées sous le compte chirpstack, et la documentation décrit pas à pas l’installation sur Debian, sur Ubuntu, avec Docker ou sur Raspberry Pi. Les versions antérieures restent accessibles sur artifacts.chirpstack.io, et le code source se trouve dans l’organisation chirpstack de GitHub.
Tout est gratuit. Le projet se finance par des sponsors via GitHub Sponsors, et Orne Brocaar propose un support commercial sur demande. Un serveur réseau détient les clés de chiffrement de tous les capteurs : une image ou un paquet tiré d’un dépôt non officiel pourrait les exposer, et il vaut mieux importer la clé de signature indiquée par la documentation avant d’ajouter le dépôt.
Questions fréquentes
ChirpStack est-il vraiment gratuit pour un usage commercial ?
Oui. La licence MIT autorise l’usage, la modification et la revente sans redevance, à condition de conserver la mention de copyright. Seul le support professionnel éventuel est payant.
Quelle différence entre ChirpStack et LoRa Server ?
Il s’agit du même projet. LoRa Server a été renommé ChirpStack en novembre 2019 pour des raisons de marque, et les paquets ont changé de nom à cette occasion.
Peut-on migrer depuis ChirpStack v3 ?
Oui. Un outil officiel transfère les locataires, les utilisateurs, les applications, les appareils et les passerelles vers la version 4. Il cible le schéma de la version 4.11, qu’il faut donc installer avant de passer aux versions suivantes.