LibreNMS est un système de supervision réseau libre qui interroge en continu routeurs, commutateurs, serveurs et pare-feu pour en tracer les courbes de trafic et prévenir quand quelque chose se dégrade. Le projet est né en 2013 comme un fork de la dernière version d’Observium publiée sous licence GPL, au moment où Observium adoptait une édition payante. Les auteurs de LibreNMS précisent d’ailleurs dans leur documentation que ce n’est pas cette décision commerciale qui a motivé la séparation, mais une différence de priorités : ils voulaient un projet entièrement piloté par sa communauté. Le code est distribué sous licence GPL v3 et aucune société ne vend d’édition commerciale.
À quoi sert LibreNMS
Le fonctionnement repose d’abord sur SNMP, le protocole que presque tous les équipements réseau savent parler. On ajoute un premier équipement, et LibreNMS part de lui pour découvrir les autres en lisant les tables CDP, LLDP et FDP, les voisinages OSPF et BGP ou simplement le cache ARP. Chaque appareil reconnu est interrogé à intervalle régulier, ses compteurs sont stockés et transformés en graphiques consultables depuis un navigateur : débit des ports, charge processeur, mémoire, température ou état des alimentations, selon ce que l’équipement expose.
Au-dessus de cette collecte vient le système d’alertes. Des règles définissent ce qui mérite une notification, par exemple un port tombé, un lien saturé ou un équipement injoignable, et les messages partent par courriel, Slack, IRC ou de nombreux autres canaux. Une API couvre l’ensemble des données, ce qui permet d’alimenter d’autres outils ou de piloter LibreNMS depuis des scripts. Le site du projet mentionne aussi la facturation par port, utile aux hébergeurs qui refacturent la bande passante, le polling distribué pour répartir la charge sur plusieurs machines, un agent pour les serveurs Unix et des intégrations avec Oxidized ou RANCID pour la sauvegarde des configurations, SmokePing pour la latence et NfSen pour les flux. L’authentification peut passer par LDAP, RADIUS ou Active Directory.
Face à ses voisins de la logithèque, LibreNMS occupe une place précise. ntopng analyse le contenu du trafic, flux par flux, là où LibreNMS mesure des volumes et des états par SNMP. NetBox documente ce que le réseau devrait être, tandis que LibreNMS constate ce qu’il est réellement, et les deux se complètent bien. Observium reste le plus proche parent, avec une base commune, mais un modèle fermé pour ses fonctions avancées.
Pour qui ?
LibreNMS vise les administrateurs de réseaux d’entreprise, les fournisseurs d’accès et les hébergeurs, les équipes informatiques de campus et les prestataires qui supervisent les infrastructures de leurs clients. Il convient aussi à un passionné qui veut surveiller son réseau domestique, à condition d’installer un serveur.
Ses exigences sont réelles. Il faut activer et sécuriser SNMP sur chaque équipement, ce qui prend du temps sur un parc hétérogène. Le serveur repose sur PHP, MariaDB et un serveur web, avec, d’après la documentation, PHP 8.4 au minimum et 8.5 recommandé, et il demande un entretien régulier. Au-delà de quelques centaines d’équipements, le polling distribué devient nécessaire. LibreNMS ne gère pas les configurations des équipements, ne fait pas de cartographie des flux applicatifs et n’est pas une source de vérité : pour ces besoins, on se tournera respectivement vers Oxidized, ntopng et NetBox.
Télécharger LibreNMS sans risque
Il n’existe pas de fichier à télécharger au sens classique : LibreNMS s’installe en récupérant le code depuis le dépôt GitHub librenms/librenms, en suivant le guide officiel de docs.librenms.org, qui couvre Ubuntu 24.04 et 26.04, Debian 12 et 13 ainsi que Rocky Linux, AlmaLinux et Oracle Linux 8 à 10. Le projet publie une version par mois, numérotée par année et par mois, et la 26.9.1.1 est sortie le 22 septembre 2026 selon la page des versions. Une image Docker officielle, basée sur Alpine Linux et nginx, est disponible sur Docker Hub et sur quay.io, avec un exemple de fichier compose dans le dépôt librenms/docker. La documentation précise que les machines virtuelles préconstruites ne sont plus fournies ni maintenues, et recommande Docker à la place.
Le logiciel est entièrement gratuit, sans édition payante ni support commercial officiel. C’est précisément pour cela que les images de machines virtuelles LibreNMS que l’on trouve sur des sites tiers méritent la méfiance : elles embarquent souvent des mots de passe par défaut connus de tous et une version dépassée du code. La mise à jour automatique intégrée suppose en outre une installation faite depuis le dépôt officiel.
Questions fréquentes
LibreNMS est-il gratuit ?
Oui. LibreNMS est publié sous licence GPL v3 et sa documentation indique qu’aucune version payante n’est prévue. Le support se fait par la communauté, sur le forum et le Discord du projet.
Quelle différence entre LibreNMS et Observium ?
LibreNMS est issu de la dernière version d’Observium publiée sous GPL. Depuis 2013, les deux projets ont évolué séparément : Observium réserve certaines fonctions à une édition payante, tandis que LibreNMS reste entièrement libre et accepte les contributions de tous. Un script de migration permet de passer de l’un à l’autre.
LibreNMS fonctionne-t-il sous Windows ?
Non, le serveur doit tourner sous Linux, en installation classique ou dans Docker. En revanche, l’interface s’utilise depuis n’importe quel navigateur, et les équipements supervisés peuvent être des serveurs Windows, pourvu qu’ils exposent SNMP.